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OBJETO
DE DESEJO
De la génération de cinéastes apparue en France dans le courant des années 70, André Téchiné est sans doute l'une des figures les plus brillantes. Il est particulièrement intéressant d'interroger son oeuvre, au moment où elle est à la fois riche de passé et d'avenir, où elle témoigne à la fois d'une jeunesse, d'une énergie, d'une vitalité incontestables, et d'une véritable maturité.
Si, dans les années 70, Souvenirs d'en France ou Barocco sont placés sous le signe d'un cinéma qui réfléchit sur ses codes ou ses genres, Hôtel des Amériques constitue, au début des années 80, un tournant : les personnages de Téchiné sont désormais des « êtres ordinaires », et c'est ce qui leur advient au cours du film qui révèle en eux des caractères exceptionnels. En témoignent les personnages inoubliables qu'ont interprétés Juliette Binoche (dans Rendez-vous), Catherine Deneuve (dans Le Lieu du crime) ou Sandrine Bonnaire (dans Les Innocents).
Dans cet essai, Alain Philippon analyse l'élan romanesque qui traverse les films d'André Téchiné, et les sujets qui reviennent comme autant de repères essentiels à l'auteur : la famille nucléaire affectée d'une défection paternelle, les itinéraires de personnages marqués par l'apprentissage, les figures de revenants, la mise en relation de la réalité avec son double fantasmatique. Autant de thèmes organisés autour de deux pôles qui tissent les fictions et la mise en scène de Téchiné : terreur et séduction.
L'auteur vu par l'éditeur
Rédacteur aux Cahiers du cinéma depuis 1981, Alain Philippon enseigne également le cinéma. Il a précédemment publié, dans la même collection un essai sur Jean Eustache (1986) et réalisé en 1985 un court métrage de fiction, La Femme sans ombre.
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